50 - L'exercice des formes

Concernant la question de François ci-dessous “ Y a t il une façon de faire meilleure que l’autre en ce qui concerne l’identification aux réalités”, voici mon point de vue.
Tout commence par l’attention mise sur un objet mental ou physique. Mettre son attention sur un objet c’est le voir, voir sa forme, sa couleur, sa texture... cela veut dire que l’on devient conscient de ce qu’il est ou de ce qu’il paraît être.
Après avoir mis son attention sur l’objet pour le “toucher” par la vision, ce “toucher vision” nous permet de le ressentir.
Pour commencer à retrouver cette aptitude à l’identification délibérée, nous pouvons nous aider ainsi : “si j’étais “un peu” cet objet comment je me sentirais en tant que cet objet ? “
Et à ce moment là j’oriente mon attention, donc ma conscience, non plus uniquement sur la vision, mais sur le ressenti. Alors je devrais ressentir une sensation et parfois même une émotion, mais plus sûrement une impression.
Les impressions seraient comme une onde. Quand je ressens les impressions, je suis “impressionné” par l’essence de la réalité !
Certains vont dire que pour ressentir un objet, il faut le toucher avec ses mains !!!
Oh, quelle belle croyance invisible que l'on veut se faire croire, mais qu’on n’a pas vraiment vérifiée !
C’est être assez matérialiste que de croire que l’on ne peut ressentir que ce que l’on touche avec son corps matériel
NON, il n’est pas utile de toucher une réalité avec son corps pour la ressentir et en faire l'expérience. Je peux toucher avec mes mains un objet, mais si je n’ai pas mon attention dessus je n’en serai pas vraiment conscient et je n’en aurai aucune impression, aucune sensation, encore moins des émotions.
Ce qui permet de ressentir quoi que ce soit ce n’est pas la main qui touche, mais “l’attention” qui touche les choses par l’intermédiaire de la main ou directement, sans aucun intermédiaire.
Une des preuves (et elles ne manquent pas), quand vous regardez un film d’horreur, ou de violence ou d’amour... vous avez des impressions, des sensations, des émotions... Et tout cela, sans toucher l’écran de votre téléviseur avec vos mains. Alors... !
A la question : Y a t il une façon de faire meilleure que l’autre...
Selon moi il n’y a pas une façon meilleure que d’autres pour faire l’expérience d’une réalité. Cela dépend de nos croyances invisibles, de nos identifications aux masses et tout particulièrement aux masses du corps. En effet, nous sommes devenus compulsivement et inconsciemment le corps et le corps par lui-même ne ressent ABSOLUMEMENT RIEN, c’est la Vie qui est dedans qui ressent !!!
Ressentir dépend de notre sensibilité, de notre aptitude à être présent pour “récolter” des informations (des impressions) ainsi que de notre capacité à maintenir notre attention sur une réalité.
A chaque fois que je mets mon attention sur une réalité = j’y suis identifié un peu, beaucoup, passionnément...
Comment savoir que je suis identifié à une réalité = je ressens cette réalité.
Et si je peux ressentir cette réalité comme étant ma réalité alors je suis devenu “la chose”.
Certains vont dire “comment est-ce possible de devenir “une chose” ?
Et bien il suffit de prendre conscience que nous nous prenons sans aucune difficulté pour notre corps, pour nos points de vues, pour nos idées, pour nos actions...
Nous nous identifions tellement facilement aux diverses réalités de l’existence que, quand nous devons le faire, nous ne savons pas le faire. Ce qui indique que nous sommes rendus au quatrième niveau de la connaissance “je ne sais plus que je sais” ! Nous sommes devenus inconscients de comment nous faisons.
Tous les petits enfants du monde intègrent la majorité des connaissances dont ils ont besoin directement, par l’identification.
Pour certaines personnes, c’est une véritable révélation de pouvoir s’identifier délibérément aux réalités. Ce qui veut dire qu’elles commencent à se dés-identifier de certaines réalités et peuvent choisir d’en expérimenter d’autres.
Quand je mets mon attention sur mon corps je peux me sentir identifié à l'ensemble du corps, je me sens être le corps, je suis un corps, le corps est moi, moi je suis le corps ou moi et le corps nous sommes un (0 + 1 = 1).
Mais je peux aussi “palper” mon corps (ou le corps d’une autre :-) avec de l’attention dirigée pour l’explorer.
Dans les deux cas, je suis identifié un peu ou beaucoup.
Et l’exercice “mettre son attention sur une forme et la ressentir” est un puissant processus qui permet de “se” ramener dans le présent, là où se trouvent les cadeaux de l’existence. Peut-être même que dans ce temps présent pouvons-nous rencontrer le royaume des cieux ou le nirvana !
Dans tous les cas, faire l’exercice avec persévérance nous permet de devenir plus silencieux, plus sereins, plus en paix.
Question de François de Nantes 44
Merci beaucoup pour tes cours que j'attends à chaque fois avec impatience. Je suis en train de faire les exercices de ressenti que tu nous as proposés. Je me sens plus présent, plus silencieux et avec moins de pensées. Mais j'ai une petite question technique.
Dans ton cours n° 34 tu nous demandes de ressentir un objet en nous identifiant à lui : Mets ton attention sur une réalité, un livre, une voiture, une autre personne... Et laisse-toi ressentir ce que tu pourrais ressentir si tu étais un livre, une voiture, cette autre personne. Tandis que dans celui du n° 42 tu nous dis : Mettez votre attention sur un objet de votre environnement, 1) voyez-le (voyez la forme de l’objet) 2) ressentez-le (ressentez les impressions que cet objet dégage).
Quand je fais l’exercice de ressenti d'un objet, j’obtiens des impressions différentes selon que je m’identifie à lui ou que je ressens depuis ici où je suis les impressions qui se dégagent de lui là-bas. La première manière me donne l’impression d’être cet objet et de ressentir sa forme depuis l’intérieur, sa structure, sa masse, et aussi son environnement depuis son point de vue. Et il y a plus d'imagination (je ne vois pas les os des gens que je ressens...).
La seconde façon de faire me donne l’impression de palper l’objet de l’extérieur avec mon attention, sa forme, la consistance de sa surface en quelque sorte. Cela paraît plus facile et fait moins intervenir l'imagination (cela pourrait être aussi de l'intuition, mais je me méfie).
Y a t il une façon de faire meilleure que l’autre ou bien est-ce que ce sont deux façons de faire qui reviennent au même et que je ne le vois pas ?
Pourrais-tu commenter un peu.
Merci.
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