48 - Questions et partages

QUESTION-RÉPONSE
fara (Tahiti)
Ouh la ! cette question m'a fait éclater de rire
Ce vide serait, alors un vide plein ! (plein de quoi ? de toutes les probabilités imaginaires et autres dont nous ignorons l'existence ?) d'après moi.
Mais alors le contenu de ce Vide serait régi par des lois (gravité, masse/énergie, cause /effet...)
Et c'est quoi cette histoire que tout n'est qu' ILLUSION ?
Merci Claude de nous éclaircir encore plus avec tant d'humour
Point de vue de Claude.
Le plein, ce qui veut dire les diverses réalités, est régi à un niveau par les lois que tu cites, mais pas le Vide. Le Vide, la Conscience sans contenu, utilise les lois de la mécanique quantique ou d’autres lois encore totalement inconnues aujourd’hui.
En parlant de la réalité, nous parlons d’illusion, simplement parce que nous ne connaissons pas vraiment ce qu’est la réalité. La réalité évolue constamment dans l’espace et le temps en terme de progression ou de régression, donc elle est assez insaisissable. Mais cette réalité est aussi régie par les divers points de vue que nous adoptons, ce qui veut dire que cette réalité devient ce qu’on y met !!!
La réalité est ce que nous croyons qu’elle est. Comme nous ne connaissons pas vraiment les diverses facettes de notre personnalité et que nous sommes assez inconscients des points de vue adoptés ou créés et des croyances qui vont avec, la réalité dans son essence et dans son expression nous échappe constamment.
Nous devrions nous poser plus souvent la question “qu’est-ce que c’est ?”
Peut-être à un certain moment la réponse obtenue serait d’une nature très différente de la réalité habituelle. Mais nous ne nous posons pas ce genre de question (sauf les enfants) parce que nous “savons” que nous avons déjà la réponse, ne voyant pas que la réponse n’est qu’une illusion mentale co-créée par les êtres mentaux de cette planète.
Partage de Gérard de Marseille,
Dans ton dernier article "voyons nous la même réalité?" qui répond à la question de fara de Tahiti, la question du "voir" me paraît être un point important à clarifier. C'est en effet sur ce "voir" que se construit la vie APRÈS l'éveil. "l'existence éveillée" , c'est là où se trouve à mon sens le véritable chemin spirituel: APRÈS l'éveil à sa vraie Nature, car avant que l'éveil ne survienne peut-on vraiment parler de chemin pour "accéder" en un lieu que nous n'avons jamais quitté (ICI) et qu'il suffit de juste un peu d'attention pour qu'il se dévoile?
C'est connu ! l'éveil n'efface pas d'un coup de baguette magique nos "croyances" qu'elles soient personnelles ou collectives, délibérées ou endoctrinées. Quand nous voyons le monde à travers la lunette de nos croyances, nous sommes "excentrés" (nous restons anormalement identifiés, là bas, à la réalité qui accapare toute notre attention et nous distrait de CE que nous sommes vraiment) et nous "pensons-voir" plus que nous voyions véritablement la réalité. C'est le processus de perception le plus fréquemment utilisé malheureusement: notre attention est ici surtout intéressée par la survie de notre ego.
Nous ne voyons pas alors la même réalité, c'est sûr! (le coucher de soleil est joyeux pour l'un et triste pour l'autre ! :-))
La question qui est donc posée me semble t-il, pour celui qui peut voir CE qu'il est vraiment (à la source) et qui décide d'entrer en "existence éveillée" , est de savoir en effet à quel moment il VOIT vraiment la réalité telle qu'elle est (perception centrée), et à quel moment il PENSE-VOIR cette réalité (perception excentrée)?
La VST (vision sans tête) efface dans l'instant tout concept de notre perception. Ceci est à pratiquer, pas à croire! : ce ne sont pas les pensées (concepts) en fait qui disparaissent mais plutôt le "penser" avec l'évanouissement de "celui qui pense" (du penseur). C'est comme si (à expérimenter encore!), avec l'absence d'ego dans ce Centre illimité (l'Espace infini) vide et sans forme que nous voyons par dessus nos propres épaules, les pensées passaient au second plan pour que le ressenti qui s'y attache immanquablement s'y dévoile plus facilement. Cette "émotion" dévoilée n'est plus alors une "entrave" mais une opportunité pour changer le regard que nous portons sur le monde (un regard plus juste libéré d'émotion).
L'entrée en "existence éveillée" pourrait donc bien commencer par la reconnaissance (voir) que nous sommes parfois "excentrés" et que par là même nous ne pouvons que "penser-voir" la réalité avec une attention intéressée (par la survie de notre ego comme je l'ai dit plus haut).
Comment reconnaître alors que parfois ou souvent nous sommes excentrés? juste par le trouble (désagréable ou agréable pour moi) que la perception du moment suscite en nous.
Si ma vision du moment est troublée, ce "trouble" est alors une aubaine pour savoir que je suis en train de "penser-voir" à travers le filtre de mes fantasmes (croyances)! Je sais alors que je ne suis pas en train de voir réellement la réalité. Quand par exemple la pensée "ce coucher de soleil est magnifique" me traverse, je ne suis plus en train de le voir, je le pense-voir à partir de mon "re-senti". Si je suis capable alors de conscientiser ce "commentaire" sur la réalité présente (qui est: le soleil disparaît de ma vue à l'horizon), l'émotion passe et le voir se libère : Je vois vraiment la réalité. Ce qui ne veut pas dire cependant que nous n'avons pas de belles émotions à vivre :-)! Mais VOIR la réalité est autre chose.
La bonne question à se poser après "y a t-il un trouble?" pourrait donc bien être: "quelle est la représentation mentale (la pensée) qui est reliée à ce trouble qui parasite (en 'bien' ou en 'mal' peu importe, pour moi) ma perception présente de la réalité? (qu'est ce qui m'empêche de voir la réalité telle qu'elle est ?)". Nous pouvons faire ce travail psychologique, seul ou avec l'aide éventuelle d'un point de vue extérieur. Mais c'est au risque parfois, selon moi, de s'y perdre vraiment si nous en oublions (et c'est notre deuxième tâche) de reprendre le contact avec le "Centre" que nous voyons que nous sommes par nature. Cette deuxième tâche de notre existence éveillée est aussi "capitale" (bien que pourtant "décapitante" (:-)! ) pour VOIR seulement, avec une attention désintéressée (neutre et libre de toute émotion) sans risque de se perdre si nous osons sans cesse revenir à CE que nous sommes et que nous faisons définitivement confiance à CELA.
L'expérience montre cependant que notre regard sur le monde peut être sur le moment très troublé pour une raison x (forte émotion, très forte implication personnelle, croyance cachée-ou réseau au sens "claudien" :-)- non conscientisée et fortement réactive... etc). Dans ces cas continuer à dire oui (accueillir ou rester grand ouvert) à ce trouble et remonter à la croyance fondamentale en cause (un véritable travail psychologique) peut aider, l'émotion passe et revenir au Centre vide et sans forme qui l'accueille est plus facile.
À cet instant ,il y a de fortes chances que nous puissions voir la même réalité.
Mon point de vue actuel serait que ces deux tâches qui nous incombent, une fois que nous avons vu CE que nous sommes vraiment : reconnaître ce qui trouble notre regard et reprendre contact avec CE qui regarde vraiment (en retournant notre attention sur soi jusqu'à la source-à la distance zéro de soi même), sont indissociables et complémentaires : c'est voir avec son coeur et voir avec sa tête. La lucidité et la sagesse sont je crois à ce prix et c'est, pour moi, le véritable chemin spirituel, celui de l'existence éveillée APRÈS l'éveil que nous devons construire, jour après jour, lessive après lessive, clarification après clarification, en établissant un véritable "va et vient" entre MOI (ma véritable Nature immuable) et l'image de MOI ( l'ego ou la représentation mentale du moment).
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